Christophe Wersinger, architecte

La formule  « le tout est plus (ou autre) que la somme de ses parties » me paraît bien caractériser  ce que vise à réaliser l’architecture. Elle permet d’exprimer clairement que construire et équiper un bâtiment sont des étapes mais non des fins en soi, qu’un bâtiment fini et complet matériellement n’est de l’architecture que s’il ouvre un espace inédit, surprenant, d’une autre nature que celle de la simple somme de ses composants matériels.

Du début du chantier à la « mise à l’eau du navire », puis au fil de son utilisation se révèlent les multiples facettes de cette expérience : la solidité et la franchise de sa construction qui expriment sa stabilité et l'ancrage dans le lieu ; une nouvelle ambiance, de nouveaux contrastes d’ombres et de lumières, une intériorité et un certain cadrage du paysage ; pour l'habitant et le visiteur un sentiment de sa propre dimension physique induite par l’agencement des espaces, profondeur, hauteurs modulées du sol et du plafond ; l'agrément de son utilisation, son ergonomie, son aptitude à répondre aux sollicitations usuelles répétées ; les matériaux qui, vus de près et éclairés avec discernement, révèlent leurs qualités propres, grain de la pierre, fibre du bois, couleur, fini mat ou lustré, transparences et reflets.

 

Les constructions et aménagements présentés ici ont été conçus et réalisés dans cet état d'esprit. Tous répondent d'aussi près que possible aux attentes fonctionnelles de leurs commanditaires et au souci de bien construire, solidement et élégamment. Mais ils sont aussi des projections plastiques dont l'ambition est de réaliser des objets singuliers, concrets et marquants, des ORIGINAUX. La présence de tels objets éveille la curiosité, stimule l’imagination, suscite la réaction. Au bout du compte, la finalité de l’architecture se niche peut-être bien dans la qualité du rapport vivant entre l’objet inerte et son utilisateur et dans l’animation qui en résulte.